Plus récemment, Renaud Jobin s’est attaqué à l’élément marin.  Avec méthode, il s’est astreint à peindre la même portion de mer, durant plusieurs mois (avec la variation des saisons). Et il nous donne une étonnante série, bien révélatrice de son style. Là où l’oeil  du profane, qui ne sait pas « écouter », ne voit que répétition du même, l’artiste se donne pour objet de faire apparaître les infinies et infimes variations de ciel, de couleur des éléments marins et terrestres.  A nous de percevoir les subtiles variations que chaque tableau révèle.  Nous aussi de comprendre la démarche du peintre qui, tout en restant fidèle à son sujet, l’ « invente » en y superposant  sa propre vision. Et il a appelé cette série « iconostase »., en pensant au tableau de Kandinsky. Démêlons le fil d’Ariane…

iconostase

Pourquoi « iconostase »? On vient de mentionner le « modèle » (très lointain en fait, n’en déplaise à l’artiste!) Kandinsky. L’iconstase est cette paroi qui sépare, dans les églises orientales ( orthodoxes ou catholiques)  la nef – où les fidèles s’assemblent – du choeur proprement dit où se célèbrent les « saints mystères » (évocation lointaine du Saint des Saints du Temple de Jérusalem). Paroi ornée d’images – d’ icones – de la Vierge, et des Saints (dans un nombre et un ordre relativement stable et limité). Ce que Jobin veut sans doute nous signifier par cette métaphore, c’est qu’il convient toujours, lorsque l’on regarde un oeuvre d’art (au sens ancien, périmé pourrait-on dire, selon le  nouveau sens donné au terme), de chercher au-delà de la sensation immédiate de l’oeuvre vue.