L ’une de mes « récentes découvertes » (qu’elle me pardonne cette annexion, éloignée de toute familiarité déplacée) : Catherine Burki.

Elle est née en 1976 à Marseille, où elle vit et travaille depuis 2013.

Après des études de sociologie, (le point a son importance, et cela se reflète dans son travail), elle entre à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Marseille, dont elle sort diplômée en 2004. Elle choisit alors de s’aérer, passe plusieurs années à Budapest, puis à Paris et une résidence au Vietnam.

Elle a déjà un riche parcours artistique, enchaînant les expositions dans des lieux et avec des thématiques éclectiques. A noter que sa première exposition personnelle, elle l’a faite au Château d’If, avec un titre expressif et poétique (qui déjà la résume bien), « des mots à dire au vent ». Des boîtes aux lettres dans l’une des salles du château, un environnement sonore et visuel (vidéo), afin, selon ses mots « de créer un pont entre trois détenues de la prison des Baumettes (dont on voyait les chaussures enchâssées dans une cage) et des visiteurs du Château » (ex-prison comme on sait). Il faut garder à l’esprit ce souci de l’artiste, dans tous ses travaux, de « créer du lien », de tisser une trame entre l’individuel et le collectif, avec un souci constant, de convoquer pour cela, la mémoire et donc l’histoire qui nous habite, individus comme collectivités (souvent à notre insu, c’est moi qui l’ajoute).

Son mode d’expression privilégié – non exclusif on l’a vu- est le dessin, mais ce dessin a toujours un sens qui le dépasse et le contient. Dans les pièces que j’avais choisies pour le Salon d’Art Contemporain de Paris (du 11 au 14 avril, voir un autre de mes posts), elle nous montre deux volets de sa recherche : la relation que nous entretenons avec les mondes animal et végétal, et celle que nous créons (ou subissons) avec les paysages, des paysages « auxquels il manque quelque chose ». Que nous dit ce manque de notre façon à nous, contemporains, de voir, d’appréhender, de dominer les monde et ses habitants ? On pourrait user si on voulait du mot de subversion des codes et de nos habitudes visuelles. Mais ce serait à mon avis, une fausse piste. Ne serait-ce que par une pratique du dessin minutieuse, respectueuse des formes et de leur exactitude, tout en les déplaçant de leur contexte ou cadre. L’utilisation de l’imaginaire, un imaginaire jamais baroque ou débordant, ou qui n’appartiendrait qu’à l’artiste, mais tout en rappels discrets, en murmures, et prenant comme assise cardinale le réel, est peut-être une clé. Faut-il parler de manque ou de vide ? Personnellement, et c’est ce qui me fascine, j’aurais tendance à préférer le deuxième terme, car porteur de positivité. Le vide (le blanc du papier pour ce qui concerne les dessins) est ce qui permet la mise en valeur, en relief, du trait, de l’objet représenté, lui donne son plein de densité, d’existence.

Actualités de Catherine Burki

Mémoires de confinés

Catherine Burki a souhaité laisser une trace de ce moment particulier. Elle l’a fait en proposant à ses amis et collectionneurs de lui envoyer des photos de leur « lieu de confinement ». Et elle les a dessinés. Ce sont ainsi quelque cinquante dessins qu’elle a effectués. Et il en sortira un album que chacun des participants de cette chaîne d’inconnus et dont elle est le lien pourra se procurer. Un souvenir intense (en cours d’édition- à paraître fin juin)